Les techniques de la peinture à l’huile

peinture à l'huile

La peinture à l’huile, technique consistant à créer une image sur une surface en appliquant sur celle-ci des couleurs à base d’huile. La peinture à l’huile apparut en Europe à la fin du Moyen Âge, où elle fut rapidement adoptée car, plus facile d’emploi, elle autorisait une plus grande variété d’effets que les techniques existantes à base de cire, comme la peinture à l’encaustique, ou à base d’eau, comme la tempera.

La peinture à l’huile se caractérise par un séchage relativement lent qui n’entraîne que peu d’altération des couleurs. Par conséquent, il est aisé d’assortir les tons, de les mélanger ou de créer des dégradés, il est également facile d’apporter des modifications à une œuvre. L’artiste n’est pas obligé de s’en tenir à des touches linéaires : il peut recourir au glacis ou au lavis, rechercher des consistances liquides, des empâtements, ou pulvériser sa peinture sur le support. La peinture à l’huile lui permet de riches effets de couleur, de contraste ou de clair-obscur.

La peinture à l’huile se compose de pigments en poudre, mélangés à de l’huile séchant à l’air. Cette huile est généralement additionnée de produits siccatifs complémentaires. Les pigments doivent être insolubles, chimiquement inertes, et ne pas se décolorer. On utilise habituellement de l’huile de lin, de pavot (huile d’œillette) ou de noix. Enfin, l’adjonction d’un vernis à peindre, comme le vernis Dammar, permet une meilleure homogénéité. Depuis le XIXe siècle, les couleurs sont vendues dans des tubes pliables en étain. Le support d’une peinture à l’huile est très important : en effet, si le papier permet une excellente conservation de l’œuvre, une toile de lin, de coton ou de jute tendue sur un cadre ou marouflée (c’est-à-dire collée) sur du bois est un support commode, mais fragile, un panneau de bois a tendance à gonfler, enfin, la sauvegarde d’une fresque dépend de l’humidité du mur. On enduit le support d’un apprêt, fine couche de plâtre ou à base d’un autre matériau gypseux additionné de colle. Cet apprêt a pour fonction de rendre le support moins absorbant; il permet en outre d’obtenir une surface peinte régulière, ni trop rugueuse ni trop lisse. De couleur blanche, il s’étale en plusieurs couches régulières. La peinture à l’huile comprend traditionnellement plusieurs étapes. Tout d’abord, le dessin est esquissé sur l’apprêt au crayon, au fusain ou à la peinture diluée à l’essence de térébenthine. Les différentes zones de couleur sont ensuite peintes légèrement, puis plusieurs fois reprises avec une peinture plus épaisse, dans laquelle on ajoute huile et vernis. On l’applique généralement avec des pinceaux en soies de porc ou en poils de blaireau ou de martre, plus souples. On peut aussi utiliser une spatule flexible, à large lame, appelée “couteau”, ou peindre avec les doigts. La réalisation de l’œuvre peut s’effectuer en quelques séances, ou nécessiter des mois, voire des années de travail. Après séchage, on vernit la peinture, pour la protéger des salissures et en rehausser les couleurs.

Si la pratique de la peinture à l’huile est ancienne, il fallut attendre le XVe siècle et le peintre flamand Jan van Eyck pour qu’apparaisse une technique nouvelle, permettant un traitement plus facile, un rendu des couleurs plus lumineux et un risque d’embu (altération chimique de la surface peinte) moins important. Van Eyck expérimenta cette technique, tout en conservant les conventions propres à la tempera, avec un dessin détaillé, exécuté sur un panneau badigeonné d’un enduit au plâtre, puis recouvert de plusieurs glacis transparents. En Italie, ce fut Antonello de Messine qui popularisa cette méthode, dont les peintres de la Renaissance mirent à profit toutes les ressources. C’est aux Vénitiens que l’on doit le passage à la peinture sur toile, qui permettait de se rouler lors d’un déplacement. Ces artistes adoptèrent un style plus libre, caractérisé par des glacis à l’huile, sur un simple fond monochrome passé “a tempera”. Les artistes hollandais Rembrandt et Frans Hals et l’Espagnol Vélasquez orientèrent davantage leurs recherches vers l’empâtement. Au XIXe siècle, les progrès de la chimie apportèrent de nouveaux pigments, aux couleurs vives et brillantes. Grâce à l’invention des tubes en fer-blanc, que l’on pouvait replier et qui supplantèrent les anciennes vessies, les artistes furent dès lors à même de peindre la nature hors de l’atelier. Avec les nouveaux additifs artificiels qui permettaient de préserver la fraîcheur de la peinture, il devint plus facile d’employer la méthode de l’empâtement. Peindre un fond n’était plus une nécessité. Les impressionnistes français couvrirent ainsi leurs toiles de multitudes de petites touches de couleurs vives, posées directement sur la toile.